IIPAUSE

3 conférences, 2 ateliers, 1 performance proposés en collaboration avec La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène Nationale

les 31 mars, 1er et 2 avril 2015

3 jours pour aborder la question des mutations de la production artistique.

 

Conférences micro-performées, ateliers joyeux et performances protéiformes pour pratiquer un certain tourisme de proximité artistique, traquer les liens périlleux entre l'art, la morale et la politique.

 

 

En organisant ces journées, il s’agit avant tout de questionner, décortiquer, le fonctionnement actuel de l’économie du spectacle vivant et les rouages et vicissitudes de la création artistique. Et de cultiver ensemble le champ des possibles.

 

Petits cours à l'usage des spectateurs du 21ème siècle

De et par Julien Fournet

1

« SPECTATEURS DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS » mardi 31 mars à 10h

Qu’est-ce qui se passe quand on voit un spectacle ? (ou la question de l’expérience esthétique)

 

Il est toujours bon de s’amuser à décortiquer les expériences. La question deleuzienne : qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui s’effectue ici, qu’est-ce qui fonctionne en moi ou devant moi, qui se contre-effectue ou se sédimente ?

Se déshabituer par la force de l’attention et de l’étude. Rien n’est plus puissant qu’une habitude. En s’appuyant sur le projet Les Thermes qui prend la forme d’un spa dédié à la philosophie stoïcienne et invite le public à se plonger littéralement dans un bain de moralité, Julien Fournet tentera d’aborder l’expérience esthétique.

« Entendu que j’ai le souci des interludes et de la forme au point où je me méfie de la voie de l’art engagé, cette pente glissante où le message peut l’emporter sur la qualité de l’expérience esthétique, malgré tout il semble que la situation dans laquelle nous sommes collectivement plongés appelle pour une fois d’autres actes, d’ordre plus politique. Je vais jusqu’à dire ici, que si nous l’osions, si nous ne trouvions pas cela un tantinet désuet, nous devrions caresser le projet de nous réunir dans une sorte d’école du spectateur qui pourrait commencer ici. Pourquoi pas. »

2

« LA CULTURE, C'EST DANGEREUX » mercredi 01 avril à 10h

Qu’est-ce qu'un événement populaire ? (ou la question de la fonction politique dans la culture)

 

Comment procède-t-on pour obtenir un état de conscience modifiée collectif ? A quoi reconnaît-on un événement conservateur d’un événement populaire créateur ?

Un événement populaire, ça met le corps en jeu. En voilà une définition simple et radicale : c’est un événement qui agit sur le cadre proxémique de notre environnement. Mais d’abord, c’est quoi la proxémie ? C’est l’étude de la proximité, de la formation de nos bulles sociales cachées.

Pour ce faire, il faudrait étudier le parcours complexe de la notion de peuple au cours du 20e siècle... On tentera plutôt d’éclairer un petit chemin théorique vicinal en se promenant de l’école de Francfort à Félix Guattari, en passant par Georg Simmel, Raymond Williams et Jean Duvignaud, des frères méconnus d’une contre-théorie de la culture.

Pour étayer son propos, Julien Fournet partira d’exemples concrets présentés dans l’ouvrage « Exhibition des rouages et logistique de la monstration », notamment de la genèse d'un projet intitulé france distraction. 

3

« MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE GUILDE DES CRÉATEURS CONTEMPORAINS » jeudi 02 avril à 10h

Comment on s'organise ? (ou la question de la coopération dans les arts vivants)

 

Dans les années soixante-dix, les laitiers du Jura étaient en danger. Ils produisaient à perte et étaient pousser à rogner sur la qualité du nectar nourricier. Las d'être affaiblis et de voir cailler le fruit de leur labeur, ils se sont réunis, principalement pour s'entendre, pour tenter de réguler le système perverti, pour pouvoir vendre leur lait à des prix corrects (et pouvoir faire face ensemble à la distribution). Du coup, ils ont préservé une qualité de lait, car une qualité des conditions de travail et une qualité du fromage correctement affiné : les coopératives laitières du Jura. Dans le Lait comme dans l'Art, on ne mutualise pas n'importe comment.

L’amicale de production, avec d’autres, ont mis au point un sport collectif qui est en fait une expérience d'anthropologie du travail en groupe qui poursuit quelques objectifs comme rapprocher les artistes de la maîtrise de leur chemin, inventer une économie artisanale, de prototype, rappeler que dans tous restaurants, il faut des cuisines.

 

Cette conférence sera précédée d'une intervention de Maguy Marin

 

JULIEN FOURNET

 

Julien Fournet (créateur de performances, d’installations, philosophe de formation et directeur de l’Amicale de production) vit sur-le-champ entre Lille et Bruxelles.

Diplômé en bricolage culturel. Monte et démonte les ressorts des productions artistiques. Très concentré un peu maniaque. À l’origine une formation en philosophie qui s’incarne dans le développement de projets artistiques singuliers en tant qu’assistant, scénographe, vidéaste ou tennis-partner. Dirige très sérieusement l’Amicale de production (Coopérative de Projets vivants, l’Amicale de production développe une réflexion autour de la production de formes hybrides - du spectacle à la sucette géante). Par ailleurs, organise des événements avec le cinéma et les arts performatifs et appartient au collectif France distraction (installations plastiques).